Les Guelfes, le nominalisme et l'Empire
Depuis le milieu du XIe siècle, une célèbre dispute déchire à la fois les écoles et les chancelleries : la querelle des Universaux dans les cloîtres et les facultés d'un côté ; la querelle des Investitures entre le Sacerdoce et l'Empire de l'autre. Qui comprend l'une comprend l'autre, car elles procèdent d'une racine unique : la question de savoir si l'universel précède le particulier, si l'ordre transcendant commande l'ordre contingent, si l'unité spirituelle de l'Église fonde ou non sa supériorité sur la multiplicité des pouvoirs temporels. Notre thèse est simple : le nominalisme est la philosophie de l'Empire. En niant la réalité des universaux, en réduisant les "universalia" à de simples souffles de voix ("voces"), le nominalisme dissout le fondement métaphysique de l'autorité pontificale et prépare intellectuellement la prétention impériale de nommer les évêques. Inversement, la cause guelfienne ne peut se fon...