Saint Barthélémy ou la théologie de la transparence
Par sa discrétion dans les textes et la radicalité de son martyre, l'apôtre Barthélemy — identifié par la tradition à Nathanaël — dessine une figure de sainteté singulière : celle de l'homme « sans détour ». À l'heure de l'image reine et des masques sociaux, son héritage nous invite à une métaphysique du dépouillement. S’il est un apôtre qui échappe à la curiosité hagiographique, c’est bien Barthélemy. Coincé dans les listes synoptiques entre Philippe et Matthieu, il semble n’être qu’un nom, une fonction, un rouage nécessaire mais silencieux de la mécanique apostolique. Pourtant, dès que l’exégèse l’identifie au Nathanaël de l’Évangile de Jean, le personnage s’éclaire d’une lumière crue, presque éblouissante. Il devient celui que le Christ définit par une absence : l’absence de ruse. Le premier trait de Barthélemy est son scepticisme. À Philippe qui lui annonce avoir trouvé le Messie en la personne de Jésus de Nazareth, il répond par cette pointe de mépris géographiqu...