Le temple sans ciel


Quand les dieux se turent, las d’un monde infidèle,
Le Nombre fut sacré dans un temple sans ciel.
L’homme, ivre de lui-même et de sa propre voix,
Couronna son reflet et l’appela sa loi.
Il dit : « Je suis le juge, et je suis la balance »,
Et pesa le réel à l’aune de l’errance.
Le vrai fut condamné pour excès de hauteur,
Le faux régna couvert des lauriers du flatteur.
Le vote remplaça l’éclair de la sentence,
Le sondage devint l’oracle en décadence.
Nul péché, nul abîme, et nul appel plus haut :
La chute se fit douce, et lente, et sans sanglots.
Alors naquit la Peur, impératrice obscure,
Qui vendit la servitude au prix de la blessure.
La foule élut la Bête en croyant se choisir,
Et signa son destin d’un sourire de plaisir.

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