L'Exil, roman (138)



Ô Rome que j’aimai, splendeur de ma patrie,
Ton marbre encore brûle au fond de ma mémoire.
J’entends le doux Forum retentir de ma gloire,
Et je pleure en ces lieux où la nuit m’asservit.

César m’a condamné, mais j’implorais sa grâce ;
Un traître a rallumé mes désirs impuissants.
Il m’offrit un espoir, mensonge caressant,
Et la honte a brisé mon âme lasse et lasse.

La mer que je contemple est un miroir de fer ;
Son souffle impitoyable accable ma poitrine.
Je tends les bras en vain vers la rive latine :
Nul vent ne m’y conduit, je demeure à l’enfer.

Pourtant, si mon destin m’a fermé ta lumière,
Ô Rome, je vivrai dans l’éclat de mes vers.
Ils franchiront le temps, les peuples et les mers,
Et ma voix, malgré tout, régnera sur la terre.





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