Aurore du sépulcre
Dans l’aube enclose où tremble encor la nuit,
Un feu secret sous la cendre respire,
Et du sépulcre où l’ombre s’ensevelit
Naît un soleil que nul deuil ne peut dire.
Amour, plus fort que pierre et que silence,
Rompt le scellé des antiques terreurs ;
Et, d’un soupir plus doux que la naissance,
Éveille au jour les mortes profondeurs.
Ô clair vainqueur des ténèbres mortelles,
Ton pas divin trouble l’éternité ;
Les cieux, muets, s’inclinent sous Tes ailes,
Et l’homme en pleurs boit l’immortalité.
Comme au printemps la rose encore close
S’ouvre au baiser d’un zéphyr inconnu,
Ainsi la chair, où la nuit se repose,
Fleurit d’un Dieu par la mort revenu.
Que mon esprit, en ce mystère ardent,
Perde son nom pour Te mieux reconnaître,
Et qu’en mon cœur, humble et toujours errant,
Ta vive clarté daigne enfin renaître.